Sur ce blog, je parlerai d'artistes à propos desquels je n'ai pas pu écrire dans Xroads, par manque de temps, de place ou parce que leurs disques ne sont pas d'actualité.

Il y a de quoi faire... Merci de vos commentaires! Jacques-Eric Legarde

mardi 23 décembre 2008

Tom Waits: Silent Night + Christmas Card From a Hooker in Minneapolis

Joyeux Noël avec l'une des mes chansons préférées, par l'un de mes artistes préférés!



Silent Night

Silent Night, Holy Night
All is calm, all is bright
Round Yon Virgin Mother and Child
Holy Enfant so tender and mild
Sleep in Heavenly Peace
Sleep is Heavenly Peace.


Christmas Card from a hooker in Minneapolis (Tom Waits)

hey Charley I'm pregnant
and living on 9-th street
right above a dirty bookstore
off cuclid avenue
and I stopped taking dope
and I quit drinking whiskey
and my old man plays the trombone
and works out at the track.

and he says that he loves me
even though its not his baby
and he says that he'll raise him up
like he would his own son
and he gave me a ring
that was worn by his mother
and he takes me out dancin
every saturday nite.

and hey Charley I think about you
everytime I pass a fillin' station
on account of all the grease
you used to wear in your hair
and I still have that record
of little anthony & the imperials
but someone stole my record player
how do you like that?

hey Charley I almost went crazy
after mario got busted
so I went back to omaha to
live with my folks
but everyone I used to know
was either dead or in prison
so I came back in minneapolis
this time I think I'm gonna stay.

hey Charley I think I'm happy
for the first time since my accident
and I wish I had all the money
that we used to spend on dope
I'd buy me a used car lot
and I wouldn't sell any of em
I'd just drive a different car
every day dependin on how
I feel.

hey Charley
for chrissakes
do you want to know
the truth of it?
I don't have a husband
he don't play the trombone
and I need to borrow money
to pay this lawyer
and Charley, hey
I'll be eligible for parole
come valentines day.


mardi 16 décembre 2008

Bob Martin, Midwest Farm Disaster (Xroads #05, février 08)



Salut!

La mauvaise nouvelle, c'est que Bob Martin est une rare songwriter qui n'a produit que 4 albums en 25 ans, Midwest Farm Disaster étant son premier album en 1972. La bonne, c'est qu'il devrait en sortir 3 en 2009! La réédition de Last Chance Rider, toujours disponible en lp, un album studio et un live enregistré au Bull Run de Shirley, Mass.

Pour compléter la chronique ci-dessous, vous pouvez écouter Bob parler de MFD sur WUML, Sunrise Radio, le 15 janvier 2008. Le lendemain, il causait dans le poste avec Dave Perry, journaliste musical du Lowell Sun et nominé aux Grammy pour ses notes de pochettes du coffret Kerouac. L'émission s'appelle Liner Notes.

Et enfin, un (trop) court concert enregistré en juillet 2008 aux Lowell Summer Concert Series

BOB MARTIN ****
Midwest Farm Disaster
Sony BMG
La faute à Ziggy...

35 ans après sa sortie en 1972 chez RCA, Midwest Farm Disaster fait des heureux ! On était quelques-uns à attendre la réédition de cet album à la pochette plus que surréaliste signée Peter Barss où notre Bob, guitare en main, se tient en amazone sur un énorme porc empaillé tenu au lasso par un squelette allongé ! À l’époque, Martin gratouille dans les clubs de Boston et est repéré par les talent scouts de RCA. En lui tendant son contrat, Chet Atkins le prévient que ce Midwest Farm Disaster est trop politique, trop en avance sur son époque.

Bob Martin y dépeint les petites villes d’une région qu’il connaît bien (il est né à Lowell, Mass, 20 ans après Kerouac) comme dans « Mill Town » ("I was born in the turning of the tide/With nothing on the table but our pride/but all and all they were good times"), mais aussi les pauv’ créatures qu’il croise à Detroit ou à la fête annuelle de la castration des moutons à "Frog Dick, South Dakota". Je pense à Lorney Taylor, morte de misère dans sa ferme, à Rasputin T van Jones, le canasson qui ramène grand-père ivre à la ferme ("Ol Rass"), au souvenir de "Blind Marie" et de sa Jesus Song à la steel guitar ou à ce "Charlie Zink" sans toit mais avec loi qui regrette le bon vieux temps où on savait prendre soin les uns des autres. Mais maintenant, « la télé chante comme un commis voyageur de porte en porte ».

Alors effectivement, malgré la présence de "Nashville sidemen" tels que le pianiste David Briggs ou Kenny Buttrey, batteur des Stray Gators de Neil Young, le public n’était pas prêt pour ce portrait noir de cette Amérique parallèle. L’album est un flop, d’autant que RCA préfère miser sur un certain Ziggy Stardust… Bob Martin plie ses gaules et s’installe dans une ferme de Virginie Occidentale avec femme et enfants. Last Chance Rider sortira en 1982 et 15 années s’écouleront avant que sorte son chef d’œuvre, The River Turns the Wheel (1997), suivi de Next to Nothing en 2000. À redécouvrir d’urgence !

Jacques-Eric Legarde

À ranger entre Bill Morrissey et les personnages des premiers albums de Springsteen

Stella Kerouac, tiré de The River Turns the Wheel (avec Bill Morrissey et Cormac McCarthy)
Blind Mary, extrait de Midwest Farm Disaster

D'autres moreceaux à télécharger sur le site de Bob Martin

dimanche 14 décembre 2008

Ce mois-ci dans Xroads #14



Disques chroniqués dans Xroads #14 en vente dès le 15 décembre 2008







samedi 13 décembre 2008

Martha Scanlan, the west was burning (Crossroads #52)



Un an et demi après avoir écrit cette chronique (mars 2007), The West Was Burning reste toujours l'un des mes disques préférés, que j'écoute régulièrement et dont j'attends le successeur avec impatience.


Site Web * Myspace


MARTHA SCANLAN, The West Was Burning (Sugar Hill)****


Sur la route de l’Ouest, des Appalaches au Montana


Qui se souviendra de The West Was Burning, premier album solo de Martha Scanlan au moment de solder les comptes de l’exercice 2007? Votre serviteur, si Alzheimer ne l’a pas rattrapé! The West Was Burning est un début magistral, qui fait suite aux deux albums appalachiens des Reeltime Travelers, groupe précédent de Martha Scanlan qui a longtemps cherché sa voie entre son Minnesota natal, le Montana où elle s’occupe de jeunes en difficulté et apprend la guitare, et les Appalaches à l’est du Tennessee. Repérés par T-Bone Burnett, les Travelers enregistrent "Like a Songbird That Has Fallen" pour la BO du film Cold Mountain et tournnet sans relâche pendant quelques années, profitant du revival engendré par le succès de O’Brother Where Art Thou et partageant la scène — et les loges — avec Alison Krauss & Union Station, Ralph Stanley et Ollabelle. On retrouve d’ailleurs sur The West Was Burning deux membres de ce groupe dont je vous ai déjà dit le plus grand bien: le pianiste Glen Patscha et Amy Helm, fille de Levon. Et figurez-vous que la surprise de cet album, une fois n’est pas coutume dans ce genre musical, c’est justement le grand Levon Helm, l’un des fondateurs et batteur du Band! Et il cogne fort le Levon, dès le premier morceau, éponyme de l’album, puis sur "Get Right Church" gospel écrit par le Rev. James Cleveland ou sur "Walkin'". On dirait presque Mighty Max Weinberg! C’est lourd, précis, et chose étrange, ça ne détonne pas dans le paysage, terriblement acoustique vous vous en doutiez. Sur The West Was Burning, c’est Dirk Powell, auteur du lumineux "Waterbound" enregistré par Carrie Rodriguez sur son album solo, qui enfile la panoplie de producteur et de sorcier ès cordes en tous genres: guitare acoustique à tous les étages et électrique sur les up-tempo, fiddle ("Isabella") ou dobro ("Set Me Up High" et "Up On The Divide"). Le banjo est assuré par Riley Baugus, partenaire régulier de Tim O’Brien, sur "Seeds of the Pine", tandis que la pedal steel s’exprime sur le countrysant "Walkin’" et le lancinant "I Don’t Even Have To Ask" où le piano de Glen Patscha et les harmonies masculines sur la voix de Martha Scanlan rappellent les belles heures de Gram Parsons et Emmylou. Patscha promène aussi son piano sur la très belle reprise de "Went to See the Gypsy", enregistré par Dylan en 1970 sur New Morning, soutenue par une pedal steel fort à-propos. Sur le livret, Miss Helm est créditée à la batterie, comme papa, mais je mettrais ma main à couper, et même au feu, que c’est sur cette dylanerie de derrière les fagots qu’elle tient les fûts tant la frappe est légère comparée au reste du disque. C’est ainsi que se transmettent les traditions, de génération en génération. Tout l’album semble avoir été enregistré en une prise tant le son est compact mais "Seeds of the Pine", enregistré live, donne bougrement envie d’entendre de plus près cette voix douce et fragile qui colle des frissons sur les morceaux les plus nus, je pense surtout à "Ten Thousand Charms" qui referme l’album. Quel début d’année! Entre Martha Scanlan et Diana Jones, je vous avoue que ces temps-ci, mon cœur chavire!


Jacques-Eric Legarde


À ranger entre Diana Jones et Eileen Jewell


Martha Scanlan & the Stuart Bros. performing 'The West Was Burning' @ Kinfolk's in Manitou Spring


vendredi 12 décembre 2008

Graham Nash, Songs for Beginners

En attendant la parution chez Rhino du coffret-rétrospective, je me suis offert cette superbe réédition de Songs for Beginners, premier album de Nash, le Simple Man indispensable à l'équilibre de CSNY, entre autres. Le livret est truffé d'anecdotes, le CD offre un son à tomber et le DVD est rempli de photos, des paroles et d'une interview vidéo. I l est grand temps de réhabiliter, ou du moins de redonner à Nash la place qu'il mérite. Shame on me de l'avoir négligé à cause de Our House ou de Teach Your Children. Une chanson comme Wounded Bird, écrite pour Stephen Stills après sa séparation d'avec Judy Collins rattrape largemennt ces deux titres trop entendus. Et puis le casting est au sommet : Jerry Garcia (pedal steel sur "I used to be a king"), David Crosby, Rita Coolidge, David Lindley (violon superbe sur "Simple Man", ci-dessous en vidéo), Johnny Barbata... rien à jeter dans cet album.


Salut!

Sur ce blog, je parlerai d'artistes à propos desquels je n'ai pas pu écrire dans Xroads, par manque de temps, de place ou parce que leurs disques ne sont pas d'actualité.

Il y a de quoi faire...

Jacques-Eric Legarde

Et pour commencer, une vidéo de Malcolm Holcombe, dont je parlerai bientôt à propos de son nouvel album, Gamblin' House